Le samedi 6 février 2016, le Syndicat National des personnels de l’administration publique (SNAPAP), membre du Comité de Suivi du FSMaghreb, ont interdit la tenue d’une activité à laquelle étaient conviées d’autres syndicat et organisations de la société civile, sur la situation économique et sociale organisée à la Maison des syndicats d’Alger.

 

Le lieu de l’activité a été encerclé par un fort dispositif policier  et les forces de l’ordre ont interpelés puis relâchés 6 militants du syndicat.

C’est une violation de la loi et des conventions signées par l’Algérie et ce d’autant plus qu’il s’agit d’une réunion interne et sur invitations dans un local privé du SNAPPAP.

 

Cette dernière  entrave à la liberté d’association et de réunion en Algérie fait suite à une longue série d’atteinte aux libertés fondamentales, dont nous rappelons au moins deux qui s’inscrivent dans le processus du Forum Social Maghrébin.

 

Le SNAPPAP a déjà été interdit en Mai 2010, selon le même scénario, d’organiser le Forum Syndical Maghrébin et son local a été scellé.

 

Plus grave, en février 2013,  la première rencontre du Forum maghrébin pour la lutte contre le chômage et le travail précaire organisé par le SNAPPAP a été non seulement interdit mais les jeunes militants maghrébins invités dont 5 militants tunisiens, 3 mauritaniens et 2 marocains, ont été arrêtés puis expulsés.

Rappelons aussi l’interdiction, en décembre 2015, de l’activité de la Coordination Maghrébine des droits de l’Homme, membre du Comité de Suivi du FSMaghreb

 

Les organisations membres du Comité de Suivi du FSMaghreb , tout en dénonçant avec vigueur ces violations du droit algérien et des conventions internationales,  demandent aux autorités algériennes de :

·         Mettre un terme à toute forme de harcèlement à l’encontre de tous les défenseurs des droits de l’Homme conformément aux dispositions de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits humains ;

·         Garantir l’exercice des libertés de réunion, d’association et d’expression ainsi que des libertés syndicales, conformément à la Constitution algérienne et les dispositions du Pacte international pour les droits civils et politiques (PIDCP) et des Conventions de l’OIT, ratifiés par l’Algérie ;

·         Garantir la sécurité, le libre accès et l’inviolabilité des locaux des syndicats et autres organisations de la société civile et le respect de du déroulement de toute activité légitiment et légalement organisée dans ce cadre.

 

Pour le Comité de Suivi du FSMaghreb

Le 10 Février 2016

ALGÉRIE : une nouvelle atteinte à la liberté de réunion